Le Local 929 a déposé un mémoire à la Commission parlementaire de l’économie et du travail afin de soumettre nos commentaires et objections au ministre du Travail, Jean Boulet, et aux autres membres de cette commission chargée d’étudier le projet de loi 51. Pour nous, ce sont surtout les dispositions de l’article 72 du projet de loi qui causent problème, soit celles sur la polyvalence. Le ministre et son projet de loi veulent permettre à des travailleurs d’exercer des tâches jusqu’ici réservées à d’autres métiers sans passer par l’apprentissage, une 2e carte de compétence ou la formation professionnelle. Avant d’être compagnon, il faut être apprenti. M. Boulet soutient que ce recours à la polyvalence va améliorer la productivité sur les chantiers. Nous pensons plutôt le contraire, ce n’est pas la polyvalence qui va augmenter la production, mais plutôt la spécialisation.

Voici pourquoi ? Ce projet «sape et déboulonne l’actuel régime de compétence professionnelle établie par la formation et l’apprentissage. C’est la compétence professionnelle qui est pourtant garante d’efficacité, d’efficience et de productivité dans l’industrie de la construction.» Le texte législatif vient dérèglementer «la qualification professionnelle au profit de l’exercice d’une polyvalence dépourvue de formation professionnelle et d’apprentissage. Des tâches accomplies sans formation professionnelle et apprentissage préalable, peuvent difficilement être exécutées suivant les règles de l’art (méthode, efficience et expérience).

De plus, la structure actuelle d’exercice des différents métiers profite aux multiples entrepreneurs ou sous-traitants spécialisés qui emploient de la main-d’œuvre tout autant spécialisée. La spécialisation n’est pas compatible avec la polyvalence et cette dernière équivaut à perte d’expertise.»

De notre point de vue, «le régime actuel de compétence professionnelle établie par la formation et l’apprentissage n’a rien de dépassé, de désuet ou d’obsolète. Au contraire, il est impressionnant par la variété et la pertinence des programmes de formation professionnelle ainsi que l’encadrement des apprentissages. La polyvalence n’aura pas pour effet de «moderniser» le régime de compétence professionnelle, mais plutôt de le «déséquilibrer».  Pour consulter notre mémoire, cliquez ici.